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Évolution de la situation dans les prisons européennes entre 2005 et 2015 : le Conseil de l’Europe publie 2 rapports

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Évolution de la situation dans les prisons européennes entre 2005 et 2015 : le Conseil de l’Europe publie 2 rapports

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04/12/2018
Dernière mise à jour : 04/12/2018
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Le 4 décembre 2018, le Conseil de l’Europe a publié deux rapports, l’un concernant l’évolution de la situation dans les prisons européennes de 2005 à 2015, et l’autre concernant l’évolution des délinquants étrangers placés en prison ou sous probation de 2009 à 2015.

  • Évolution de la situation dans les prisons européennes :

Le rapport révèle que la répartition géographique des taux d’incarcération est restée stable entre 2005 et 2015. Durant cette période, les pays où le taux d’incarcération ont le plus augmenté était l’Albanie, la Géorgie, la Lituanie, la Macédoine, le Monténégro et la Turquie. L’Allemagne et les Pays-Bas ont rejoint les pays ayant les plus faibles taux d’incarcération.

Le rapport contient une fiche d’information de chaque administration pénitentiaire accompagnée de données clés et de tableaux montrant l’évolution de 17 indicateurs, ainsi que le classement relatif de chaque pays (niveau faible, moyen ou élevé pour chaque indicateur) par rapport aux 47 États membres du Conseil de l’Europe. En France, le taux de population carcérale a augmenté (+ 23 %) et la densité carcérale aussi (+ 16 %). Le rapport révèle que la durée moyenne de l’emprisonnement est en augmentation (+ 7 %). En comparaison des autres pays du Conseil de l’Europe, la France présente un taux élevé : de densité des prisons, de suicides pour 10 000 détenus.  

  • Évolution des délinquants étrangers placés en prison ou sous probation :

Le pourcentage médian de détenus étrangers est dans l’ensemble demeuré stable en Europe (12 %). Toutefois, le nombre de détenus étrangers a augmenté dans la plupart des pays de l’UE.

Le rapport met en évidence qu’en 2005, peu de pays possédaient des données sur la probation parce que ces informations n’étaient pas collectées ou que, dans certains pays, les sanctions et mesures alternatives à l’emprisonnement n’étaient pas encore appliquées. En 2015, la répartition des taux de probation en Europe était très hétérogène et ne suivait pas une répartition géographique claire. Dans le même temps, le nombre de personnes sous probation était plus élevé que le nombre de personnes incarcérées. Les pays nordiques et les Pays-Bas présentaient à la fois des taux d’incarcération et des taux de probation peu élevés. À l’inverse, les administrations pénitentiaires en Angleterre, au Pays de Galles, en Pologne et en Turquie avaient des taux d’incarcération et de probation élevés. Pour un autre ensemble de pays, dont l’Espagne, la France, la Belgique, le Luxembourg et la Grèce, ces deux taux allaient de modérés à élevés.

En 2015, le pourcentage d’étrangers placés sous la supervision de services de probation était beaucoup plus faible que la proportion d’étrangers détenus dans des établissements pénitentiaires. Selon le directeur de l’étude, le professeur Marcelo Aebi, il existe une relation complexe entre les taux d’incarcération et les taux de probation. Ce que révèlent les chiffres, c’est que les sanctions et mesures appliquées en milieu ouvert ne sont pas nécessairement utilisées comme alternatives, mais plutôt comme des mesures s’appliquant en plus de l’incarcération. 

 

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